Légende – Sylvain PRUDHOMME ***

Flamboyance et disparition de la jeunesse des années 80.

IMG_20180425_151921_080La Crau, 130 kilomètres de désert au mileu de la Provence. C’est là que vivent Nel, photographe et Matt, réalisateur de documentaire à ses heures perdues. Travaillant sur un nouveau film, Matt s’intéresse à l’histoire de la Churascaia, la Chou, boite de nuit camargaise, haut lieu de la fête dans les années 80. Ses recherches vont l’amener sur les traces des deux cousins de Nel aux trajectoires personnelles dramatiques.

« A deux pas des splendeurs des Alpilles, des langues de sable vierge de la Camargue, des calanques et Marseille et de Cassis, la Crau est cet angle mort. Ce bout de terre ingrat. Au milieu de la Provence, il y avait ça. Ces cent-trente kilomètres de désert. Ces vingt bonnes minutes de vide, à cent-dix à l’heure sur l’autoroute entre Salon et Nimes. A perte de vue du plat. Des cailloux. Quelques cyprès coupe-vent. Des bouquets de roseaux le long de la rambarde métallique. Et presque toujours le mistral, qui à chaque rafale faisait se déporter la voiture et obligeait à corriger la trajectoire d’un coup de volant. Strabon, dans sa Géographie, à l’époque de Jésus Christ, l’appelait d’un nom qui ravissait Nel: le mélamborée. Bise glaciale assez forte pour soulever et faire rouler des cailloux, voire précipiter des hommes à bas de leur chariot, en leur enlevant du coup armes et vêtements. »

  • INTRIGUE: ♦♦♦
  • PERSONNAGES: ♦♦♦
  • ECRITURE: ♦♦♦♦
  • ORIGINALITE: ♦♦♦

Légende retrace la vie de plusieurs amis réunis par le souvenir d’un lieu mythique : la Chou, une maison perdue au milieu d’une pinède où se passaient des fêtes dont le succès toujours grandissant l’avait fait se muer en véritable boîte de nuit et lieu de rendez-vous des jeunes de tout le sud de la France. Un roman qui mêlent deux époques: celle des années 80 (la fin des trente Glorieuses, l’insouciance de la jeunesse, l’arrivée du Sida…) et l’actuelle avec l’industrialisation, les difficultés économique, les paysages à l’abandon et le souvenir des disparus. Le début du roman m’a beaucoup plu car l’auteur décrit avec  précision et une belle intensité sa région, la Crau, Arles, les bord du Rhône, la lumière, à travers le regard de Nel le photographe. Il prend également le temps de développer le contexte social et l’histoire du lieu, son évolution, la vie des bergers et des estives, les débuts de la Chou. Cette partie aurait méritée de faire l’objet de l’intégralité du roman, ce qui n’est pas le cas puisque la suite s’attache aux deux frères, Fabien et Christian, diamétralement opposés et tragiquement disparus. Si les portraits, évoqués par différents personnages, sont bien construits, le récit de leur vie ne m’a pas passionnée. L’intrigue stagne et tourne un peu en rond, le projet de Matt perd de son intéret avec un final un peu décevant. Un joli voyage quand même sur les routes du Sud.

 

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