La déesse des marguerites et des boutons d’or – Martin MILLAR ****

Aristophane pourra-t-il monter sa pièce « La paix »?

IMG_20180529_123427_476.jpg421 av.J.-C. Depuis des années, Sparte et Athènes se font la guerre. Dans les deux camps, le peuple n’aspire qu’à la paix. C’est d’ailleurs le titre de la nouvelle pièce d’Aristophane avec laquelle il espère remporter le premier prix aux prochaines Dyonisies et dont le succès pourrait influencéer les négociations. Mais rien ne passe comme prévu, entre les répétitions catastrophiques et les interventions des dieux.

« Brémusa l’amazone s’était mise en route avec Métris en direction d’Athènes. Le voyage ne serait pas long. Athéna allait accélérer leur marche, leur permettant de couvrir rapidement la distance. Brémusa, qui avait toujours été d’une nature taciturne, marchait en silence. Ce qui rendait encore plus énervant le babillage incessant de sa compagne de voyage.  « Je n’en reviens pas d’avoir rencontré la déesse Athéna, c’était génial! Ca prouve bien qu’on ne peut jamais savoir ce qui va se passer. Hier encore, je disais justement à Pholus le centaure que j’atais sûre que tout allait s’arranger bientôt, et me voilà en route pour le festival d’Athènes! » […] Métris salua de la main un couple de naïades à travers les arbres, puis aperçut son ami Pholus. « – Eh Pholus! je pars en mission secrète pour la déesse Athéna! » Le centaure hocha la tête, l’air impressionné. « -Tais-toi donc, souffla Brémusa. Notre mission est secrète. Personne ne doit être au courant. – Pholus ne le dira à personne. Peut-être à une ou deux naïades, mais pas plus. Les naïades sont très discrètes, quand elles sont sobres en tout cas. C’était tellement merveilleux de rencontrer Athéna! Si je réussi cette mission, tu crois qu’elle m’invitera sur le mont Olympe? »

  • INTRIGUE: ♦♦♦♦
  • PERSONNAGES: ♦♦♦♦
  • ECRITURE: ♦♦♦♦
  • ORIGINALITE: ♦♦♦♦

Dans ce roman extrèmement original, Martin Millar se réapproprie l’ambiance et les mythes de la Grèce antique avec les dieux, déesses, nymphes, amazones qui côtoient les humains, sous la forme d’une comédie historique humoristique. Tous sont de formidables personnages de roman, avec leurs traits de caractère et leurs réactions si terrestres. La description de la vie artistique à Athènes est à la fois très réaliste et amusante: les répétitions qui n’avancent pas, les machineries et accessoires qui ne fonctionnent pas (avec les fameux phallus factices qui doivent donner au spectacle son aspect grotesque…), des acteurs qui jouent les divas, des figurants amateurs qui ne respectent pas les consignes,  un jeune poète, Luxos, qui cherche à se faire un nom et harcèle le dramaturge… Aristophane est montré comme un homme faussement autoritaire, en proie au doute face à sa création. L’enjeu est d’autant plus important pour lui que sa pièce « La paix » pourrait avoir un impact positif sur le sort du conflit entre Athènes et Sparte. Ce qui va lui attirer les foudres des va-t-en guerre et de tous ceux à qui elle profite aux dépends du peuple. Et si en plus, des nymphes en mal de reconnaissance s’en mêle… Aristophane monte une comédie qui vise à ridiculiser la violence et pose la question de l’humour et de la tolérance. Millar met dans la bouche des personnages antiques des dialogues modernes, drôles, remplis de sous-entendus qui renvoient à notre époque; le rythme est vif car différents personnages prennent la parole. Le mélange de l’histoire et des anachronismes est savoureux et donne une nouvelle vision de l’antiquité grecque. Un roman décalé très réussi!

 

 

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