Le polar de l’été – Luc CHOMARAT *

Ceci n’est pas le polar de l’été…

IMG_20180619_174747_252.jpgLe héros est un écrivain de polars aux succès d’estime. Lors de vacances en famille, alors qu’il cherche une nouvelle idée de roman, lui vient une vision : il va écrire un plagiat modernisé de « Pas de vacances pour les durs« , de Paul Terreneuve, un polar des années soixante complètement oublié qui trônait au milieu des livres de la bibliothèque de son défunt père. Mais encore faut-il pouvoir remettre la main dessus…

« Mon père avait lu pratiquement tout ce qui avait été écrit en Occident. Moi, rien, ou presque rien. Mais j’aimais beaucoup les livres en tant qu’objets. J’aimais les couvertures des livres. J’aimais leur poids, leur odeur. Laur volume. J’aimais les gros livres parce qu’ils étaient gros. J’aimais les plaquettes parce qu’elles étaient minces et souples. J’aimais les formules choc censées verdre le livre (« un chef d’oeuvre inégalé! »). J’aimais la typographie, quelle qu’elle ût, et la photo de l’auteur sur le rabat ou la quatrième de couverture. C’était avant qu’on voie des écrivains à la télé. Je regardais ces photos et je me demandais qui étaient ces gens-là, qu’elle pouvait être leur vie. J’aimais le mystère des titres et des illustrations de couverture qui existaient pour ainsi dire « à côté » du livre. Tant qu’on ne lisait pas le livre, il restait le monde merveilleux de tous les possibles: qui était cette jeune femme en chemise de nuit et qu’allait-il lui arriver? Pour mon père, évidemment, les livrs appartenaient au monde de l’esprit. pour moi, ils appartenaient au monde physique. »

  • INTRIGUE: ♦♦
  • PERSONNAGES: ♦
  • ECRITURE: ♦
  • ORIGINALITE: ♦♦

Attention ce roman n’a rien d’un polar! Et le meilleur est contenu dans le premier chapitre: l’idée, pour un écrivain en panne d’inspiration, de s’approprier un roman oublié pour dans l’espoir d’en faire un succès. A part ce postulat de départ, il ne se passe pas grand chose. Le héros doit faire face au quotidien de vacances d’été en famille avec sa nouvelle compagne et ses deux enfants, ponctué d’après-midi de plage et de dîner entre amis; son ex-femme le harcèle, la baby-sitter est évidemment une adolescente qui ne le laisse pas indifférent, les enfants sont rivés sur leur portable… C’est la mauvaise chute de sa mère qui va lui permettre de s’échapper et de partir à la recherche du fameux roman. Il faut bien dire que l’intrigue est mince, les personnages finalement peu développés et ses rencontres avec un vieil ami acariâtre de sa mère, le curé du village, un artiste chinois, une bibliothécaire ne sont que des occasions de montrer le nombrilisme et l’égoisme du héros dont on a bien du mal à s’attacher à la quête qui se révèle plutôt ennuyeuse. Le ton, qui se voudrait drôle et subtil, est le plus souvent lourd, assez convenu, sans grâce. Malgré quelques jolies phrases sur la littérature, les chapitre s’enchainent sans susciter d’intérêt particulier et on sort de cette histoire aussi rapidement qu’on y était entré… Il y avait certainement matière à proposer quelque chose de plus enlevé et de plus orginal. Un roman dont on peut se dispenser.

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