Quand sort la recluse – Fred VARGAS ***

IMG_20180703_104533_993.jpgLe commissaire Adamsberg découvre, dans le sud de la France, une série de décès d’hommes âgés à la suite d’une morsure d’araignée, la recluse. Alors que les forums s’enflamment sur internet, le commissaire, se fiant à son instinct, suspecte plutôt une série de crimes. Se mettant à dos son adjoint Danglard, Adamsberg poursuit néanmoins ses investigations avec une partie de son équipe en dehors de toute procédure légale.

« Adamsberg déambula un moment dans la salle de travail, bras croisés. Entre-temps, Voisenet était revenu à son poste, réalisant en entrant que la pièce, en effet, sentait fortement le vieux port. Toutes fenêtres ouvertes, un violent courant d’air passait sur les bureaux et chacun s’était débrouillé pour caler ses dossiers, qui avec des porte-crayons, qui avec ses chaussures, qui avec des boîtes de conserve dérobées dans l’armoire aux réserves de lieutenant Froissy, pâtés de sanglier, mousses de canard au poivre vert. Ce nouvel aménagement hétéroclite des tables donnait à l’ensemble une allure de vide-grenier ou de vente de charité, et Adamsberg espérait que le divisionnaire n’aurait pas l’idée subite de venir rechercher lui-même sa berline, et découvrir la moitié de la Brigade déchaussée dans une salle puante.

  • INTRIGUE: ♦♦♦
  • PERSONNAGES: ♦♦♦
  • ECRITURE: ♦♦♦
  • ORIGINALITE: ♦♦♦

Le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, ainsi que les membres attachants de son équipe, sont de retour : Veyrenc et ses mèches rousses, l’inébranlable Violette Retancourt, Froissy et ses recherches, l’érudit commandant Danglard, Voisenet et sa passion des animaux… C’est justement cet intérêt de Voisenet pour une étrange épidémie de décès après morsures d’araignées entraînant de profondes nécroses qui décide Adamsberg à creuser – ou gratter à fond – le sujet. Fred Vargas est archéo-zoologue médiéviste de formation et on retrouve ici son intêret pour les légendes animales à travers ces araignées « recluses » qui se cachent, dangereuses mais non mortelles. Mais les recluses sont également des femmes qui, au Moyen-âge, s’emmurent volontairement dans un espace réduit et ne doivent leur survie qu’à la charité publique. L’auteur imbrique les deux thèmes et fait preuve comme toujours d’une grande érudition sur ces sujets. Cependant, même si l’histoire se suit agréablement avec des fausses pistes bien menées et que le style est toujours au rendez-vous, beaucoup d’invraissemblances apparaissent, en premier lieu la mobilisation non-officielle de toute une brigade de police parisienne sur la seule intuition d’un commissaire pour pister un hypothétique tueur en série sévissant dans le Gard, avec multiples déplacements et surveillances, des analyses ADN, l’intervention d’un archéologue pour fouiller un site… Car dans ce roman, Adamsberg mise, comme souvent, sur ses pressentiments et son instinct… Mais trop sans doute cette fois… Il peine à convaincre son équipe et le lecteur aussi par conséquent (par exemple, lui seul est persuadé de reconnaitre des suspects quarante ans plus tard sur une photo…). Les ficelles sont un peu trop grosses, les explications semblent sortir du chapeau, on devine le nom du coupable trop vite et les digressions psychologiques noient le propos au lieu de le soutenir. Surtout, malgré une bonne intrigue, Vargas n’arrive pas à nous immerger dans l’atmosphère étrange et déroutante des précédentes enquêtes, on reste à la surface du récit qui tourne un peu à vide avec beaucoup de répétitions dans les dialogues. Les membres de l’équipe sont plus caricaturaux que d’ordinaire et il est vraiment dommage d’avoir mis de côté le personnage de Danglard et de ne pas avoir exploité son lien personnel avec l’enquête… Un petit Vargas qui déçoit un peu la fan que je suis…

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s