Hier, les oiseaux – Kate WILHELM ****

IMG_20180803_142025_993.jpgRiches propriétaires terriens, les Sumner, pressentant que la pollution et la guerre vont tout ravager autour d’eux, ont construit, dans leur domaine de Virginie, un centre de recherches scientifiques qui leur permet de survivre en économie fermée. Et quand, au lendemain du cataclysme, on s’aperçoit qu’hommes et femmes sont devenus stériles, la solution est toute prête produire des bébés par clonage. Mais, à mesure que les générations se succèdent, une question se pose: ces clones sont-ils encore des hommes?

« La nouvelle aile de l’hôpital, qui n’était pas encore peinte, et qui choquait l’oeil à côté des édifice de briques déjà terminés, était en service et il pouvait même apercevoir des jeunes qui travaillaient derrière les fenêtres. Ils avaient les meilleurs professeurs, et eux-mêmes, les meilleurs étudiants. Ils apprenaient extraordinairement bien de l’un à l’autre, bien mieux qu’au commencement. Ils sortaient de l’école en groupes homogènes, :quatre de ceci, trois de cela, deux d’autre chose. Il finit par trouver trois Célia. Il ne pouvait plus s’adresser à elles séparément; elles étaient maintenant des Célia adultes et indissociables. Il les observa sans éprouver le moindre désir; ni haine, ni amour. Elles disparurent dans la grange et il leva les yeux au-dessus de la ferme, sur les colline de l’autre côté de la vallée. Les crêtes étaient brumeuses, on ne distinguait aucun contour. Un paysage paisible et accueillant. Bientôt, se dit-il. Avant que les cornouillers fleurissent. »

  • INTRIGUE: ♦♦♦♦
  • PERSONNAGES: ♦♦♦♦
  • ECRITURE: ♦♦♦
  • ORIGINALITE: ♦♦♦♦

Ce roman est un récit post-apocalyptique: on comprend sans qu’aucun repère temporel soit suggéré, que le monde est à bout de souffle et court à sa perte, d’où la tentative de dernière chance d’un groupe familial d’organiser la survie. L’un des problèmes majeurs étant la stérilité des humains, le clonage apparaît comme une solution alternative à la reproduction sexuée, même si les expériences en cours manquent de certitude quant au devenir des générations futures. L’auteur n’entre pas  dans les considérations techniques et scientifiques, que ce soit pour le clonage ou l’élevage de foetus, ou pour la gestion informatique de ces tâches (le roman a été écrit en 1977), ce qui rend l’histoire intemporelle et donc encore plus angoissante. De nombreuses réflexions sont évoquées : le statut des clones, la domination de la nature qui reprend ses droits alors que les humains ont laissé la planète exsangue avant de disparaître en quasi totalité, la place de l’individu dans un groupe, la stratification des « castes » qui résulte de la prédétermination des êtres (thème que l’on retrouve dans « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley). Le roman se compose de trois parties chacun centrée sur une époque et un personnage: David, un des derniers humains qui voit se mettre en place une nouvelle société; Molly (un très beau personnage) au centre de cette microsociété qui a banni l’individualisme et se retrouve à son tour à bout de ressources et doit explorer le monde au delà de ses frontières; Mark, le fils de Molly, un enfant à part qui pose la question de l’individu et de l’adaptation du groupe comme condition de survie. L’écriture de Kate Wilhelm est agréable, fine et intelligente avec de beaux passages sur la nature.  Une belle fable sur la diversité et un roman visionnaire!

 

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