C’est le coeur qui lâche en dernier – Margaret ATWOOD **

IMG_20180908_090046_196.jpgStan et Charmaine, comme des milliers d’autres américains, ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les États-Unis. Ils survivent grâce aux maigres pourboires que gagne Charmaine dans un bar sordide et se voient contraints de loger dans leur voiture… Aussi, lorsqu’ils découvrent à la télévision une publicité pour une ville qui leur promet un toit au-dessus de leurs têtes, ils signent sans réfléchir et intègrent le programme Consilience : ils n’ont plus rien à perdre.

« Ce soir, Charmaine et lui font leurs premières courses avec leurs posidollars et partagent leurs repas dans leur nouveau logement, Charmaine n’en revient pas : elle est tellement contente qu’elle en gazouille. Elle veut ouvrir toutes les portes de placard, mettre en route tous les appareils électriques. Elle est impatiente de découvrir ce qu’ils vont avoir comme boulot, et elle s’est inscrite pour apprendre à conduire un scooter. Tout ça va être vraiment génial ! « Allons nous coucher « , suggère Stan. Elle part en vrille. Il a l’impression qu’il lui faudrait un filet à papillons pour l’attraper, tellement elle est déchaînée. « Je suis surexcitée !’, reconnaît elle. Ça c’est sûr, se dit Stan. Il aimerait bien être l’objet de cette surexitation, plutôt que le lave-vaisselle sur lequel elle s’extasie à présent comme si c’était un chaton. Lui ne peut se défaire du sentiment que cet endroit s’apparente à une sorte de système pyramidal et que ceux qui ne le comprennent pas se retrouveront en chemise. Mais rien ne justifie ce sentiment. Peut-être est-il de nature ingrate. »

  • INTRIGUE: ♦♦♦
  • PERSONNAGES: ♦♦♦
  • ECRITURE: ♦♦♦
  • ORIGINALITE: ♦♦♦♦

Une dystopie qui prend comme point de départ une grave crise financière et sociale qui touche les Etats-unis dans un futur proche du nôtre. Pour éviter le chômage, la pauvreté et la violence, un jeune couple signe pour entrer dans le projet Consilience : un mois de vie libre, une maison et un emploi assuré , un mois de prison. En leur absence un autre couple s’installe dans leur maison, également un mois sur deux. Ils ne se connaissent pas et ne doivent pas entrer en contact. Jusqu’au jour où Stan découvre une petit mot caché sous le frigo… Margaret Atwood n’a plus rien à prouver sur sa capacité à écrire d’excellents récits d’anticipation… La servante écarlate en est le meilleur exemple. Mais ce qui joue contre elle, c’est qu’après cette oeuvre, les attentes sont hautes, voire très hautes. Malgré l’imagination débordante et effrayante de l’intrigue, ce roman s’avère moins prenant, moins profond, plus caricatural. La romancière aime égratigner comme souvent nos sociétés pour en révéler touts leurs paradoxes: le rapport hommes/femmes, la place de la technologie, les errements de la politique…sans toutefois en exploiter ici tout le potentiel en raison d’un parti pris de pur divertissement et de franche dérision. Si la fable politico-sociale est plutôt très bien amenée au début (les déboires de Charmaine et Stan puis leur entrer dans leur nouvelle vie ultra contrôlée) et si les rebondissements s’enchaînent, l’histoire tombe par la suite dans une loufoquerie parfois un peu lourde accompagnée d’une parodie de vaudeville avec doubles et fausses identités entre des personnages peu attachants. Surtout, l’intrigue principale manque à mon sens de crédibilité, sur le fond (je n’ai pas forcément compris comment le système décrit pouvait devenir un modèle de société économique) et sur la forme (à quel degré de lecture il faut envisager ce roman). Une déception face à ce roman qui n’est pas à la hauteur d’autres oeuvres de la romancière.

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